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Mairie de Villeneuve-le-Comte

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         Monument aux morts
 

 Cet article est le fruit des recherches de M. PELGAS.

Le monument aux morts de Villeneuve le Comte est érigé au centre de la place du Maréchal Leclerc, au nord de la mairie et face à l’église.

L’inscription principale sur la face du monument est : «  La Commune de Villeneuve le Comte à ses enfants morts pour la France.  Ils ont bien mérité de la Patrie »

Historique :

Le 30 mars 1915, M. Eugène PETIT (74 ans), habitant de la commune propose un don de 500 francs pour ériger un monument aux soldats morts au champ d’honneur.

Cette délibération sera annulée le 17 juin 1921 pour non versement de la somme, mais par la suite, M. PETIT  donnera une grande plaque de marbre blanc, avec les noms de tous les soldats tués au front pendant le conflit 1914-1918. Cette plaque commémorative se trouve actuellement dans la salle du Conseil Municipal.

Un tableau récapitulatif se trouve sur le palier du 1er étage de l’escalier de la mairie. Une autre liste figure dans l’église de Villeneuve.

Le 21 janvier 1919, le Conseil Municipal vote une subvention de 50 francs pour participer à l’élévation d’un monument d’arrondissement à Coulommiers.

Le 1er mai 1919, le Conseil Municipal vote un crédit de 6 000 francs pour élever un monument sur le territoire de la commune.

Pour compléter les crédits, une souscription publique est lancée.

Le 20 juillet 1919, le Conseil Municipal confirme les crédits alloués pour ce monument.

Le 13 Août 1919, le Conseil Municipal  décide d’élever un monument sur la place publique, aux enfants de Villeneuve le Comte, morts au champ d’honneur.

             commande du monument aux morts

Le 8 Septembre 1919, signature du marché de gré à gré entre M. Emile POTTIER et M. Victor GOMOT, maçon demeurant à Villeneuve, pour un montant de 11 000 francs.

Le 8 septembre 1919, le Conseil Municipal composé de MM. POTTIER Emile adjoint, GOMOT, PUBLIER, MORIGNOT, MONTAGNE, HAMAN et GIBERT,  en vue de la construction du monument aux morts, dépose un dossier comprenant le plan de l’emplacement sur la place, les plans cotés [1], le devis estimatif et le marché de gré à gré signé le même jour.

La dépense de 11 000 francs sera budgétisée comme suit : crédit de 6 000 francs sur le budget communal (article 26 du budget supplémentaire), 4 641 francs 10 centimes,  résultat de la souscription, et 358 franc et 10 centimes (article 5 reliquat disponible pour la construction du lavoir).

Le dossier, préparé le 18 septembre, est envoyé le 26 au Sous Préfet de Coulommiers et reçu le 3 octobre 1919.

Le 7 novembre 1919, le décret autorisant la construction du monument est donné par le président R. POINCARRE et signé par le ministre de l’Intérieur du gouvernement : M. Jules PAMS.

Le 10 novembre, le ministre de l’Intérieur transmet le décret pour ampliation au Préfet de Seine et Marne.

Entre temps, suite à une relance du maire en date du 7 novembre auprès du Sous Préfet, celui-ci répond le 26 du même mois, que le projet architectural va être bientôt soumis à la commission des bâtiments civils.

Le 2 décembre 1919, la commission renvoie le projet afin de procéder à différentes  modifications architecturales, notamment le remplacement au sommet de l’édifice de la « Victoire ailée » par le  « Poilu Victorieux » ainsi que le rehaussement du socle pour alléger  la perspective du monument[2].

M. Victor GOMOT,  a passé commande auprès des Marbreries Générales de Paris. Cette entreprise représentée par monsieur U. GOURDON a édité un catalogue d’œuvres qu’il diffuse dans la France entière et, victime de son succès, ne tient pas les délais de livraison.

Le 17 septembre 1920, le Conseil Municipal, par l’intermédiaire de M. Emile POTTIER, adjoint déposait une demande de subvention. L’article 5 de la loi du 25 octobre 1919 autorisait cette demande pour ce type de monument, mais il ne fut appliqué qu’après la loi de finance du 31 juillet 1920 qui, dans son article 8, en donnait les modalités. Deux choix étaient proposés, et le meilleur, retenu pour le calcul de la subvention.

La première solution consistait à établir le pourcentage de tués, nés ou résidant dans la commune par rapport aux habitants de la commune au dernier recensement de 1911. Ce pourcentage donnait un taux à appliquer sur le crédit inscrit au budget.

  Rapport Tués/Population  
  Taux Crédit 
moins de 1% 4%
1 à 2% 5%
2 à 3% 6%
3 à 4%
7%
4 à 4,5% 8%
4,5 à 5% 9%
5 à 5,5% 10%
5,5 à 6%
11%
6 à 7%
12

 Le calcul effectué pour Villeneuve fut le suivant : 45 tués par rapport à 795 habitants  donnait 5,66% et autorisait un taux de 11%.

La deuxième solution consistait à établir le pourcentage entre la valeur du centime communal démographique et le nombre d’habitants soit 11 364 centimes et 795 habitants, donc 14,02%.

C’est cette solution qui fut retenue. On appliquait ce taux au crédit inscrit au budget communal. La subvention fut exactement de 820 francs.

Le 3 mars 1921, M. Théophile MOITRE établissait un devis pour exécuter une grille de protection autour du monument.

Le 24 mars 1921, la délibération du Conseil Municipal autorise M. Emile POTTIER, adjoint, à faire exécuter la grille de protection, avant le 15 juin de cette même année.

Le 28 avril 1921, le Conseil Municipal protestait, le monument commandé aux Marbreries Générales de Paris depuis 23 mois n’était toujours pas fourni. Les délais n’étant pas respectés, il fallut se résoudre à remplacer le « Poilu Victorieux » de 1m80 par «  la France Victorieuse » de 1m60.

Le 9 juin 1921, la mairie procédait à l’affichage des souscripteurs. Le 17 juin, on procédait à la peinture des grilles. Le 25 juillet 1921, on soldait et clôturait les comptes de ce monument.

L’inauguration est faite en grandes pompes (tribune, prise d’armes et discours), le 14 juillet 1921, sous un soleil de plomb, devant l’ensemble des Vilcomtois[3].

Inauguration du monument aux morts

 

L’Etat, toujours en avance, attribuait la subvention le 1er juillet 1923 !!!

 

Liste des soldats morts pour la France  (dans l’ordre des plaques commémoratives) :

1ère plaque :     

                        BENARD Roger caporal, BOYER Emile, CAILLOT Paul

                        CHARTIER Henri, COCHET Benoît, COURTANT Eugène

                        CROISY Marcel, DEBOTTE Jules, DEMINIERE Fernand sergent

                        DESSORMES Louis, DORMY Henri, FLEURY Alphonse,

                        FOCQUENOY Jean sergent, GAGNEROT Gaston, GENTIL Isidore

                        GIBERT Henri sergent, GIBERT André, GIBERTIE Marcel,

                        GOMOT Alphonse, GUILLOTON Robert.

2ème plaque :    

                        HORN Armand, HURE Jean-Marie, JAMAIN Albert, LEJEUNE Léon

                        Caporal, LEJEUNE Louis, LEJEUNE Charles, LEJEUNE Gaston,

                        MORIGNOT Léon sergent, MOULIN Etienne, MOUTENOT Henri,

                        MOUTENOT Achille,  PASQUIER Etienne, PASQUIER Jean,

                        PAVARD Louis, PUBLIER Robert, RAPPAILLE André,

                        SCOQUART Raymond, THIBAULT Henri sergent, THOMAS Edouart,

                        VILLAIN Rémi sergent.

3ème plaque  :    

                        BABULOT Gaston, BECLU Fernand, MARCELIN Eugene,

                        MENANT Eugène, SCOQUART Louis.


                                               GUERRE 1939-1945

                        CAILLOT René, TENAGUILLO Jésus


                        A la mémoire des FRANCAIS d’ OUTRE-MER MORTS pour la PATRIE.



[1] Archives Départementales de Seine et Marne, série O, dossier P86

[2] Le rapport de la commission est signé par monsieur DELAIRE architecte.

[3] Nous possédons trois photos de cette inauguration, prises par M. Ernest WARDAVOIR, photographe demeurant 11 rue Mathis à Paris